Ile de Pâques, la part de mystère

(continue in English) – Dernière mise à jour : 3 octobre 2020

L’île de Pâques fascine, l’île de Pâques interroge. Les énigmes posées par le passé résistent encore aux hypothèses des spécialistes.

Il y a là un monde à part qui a pu évoluer sans contact avec le reste de l’humanité pendant plusieurs siècles.

23 km de long, 164 km2, c’est un confetti perdu dans le Pacifique, à 3700 km de l’Amérique du sud, à 4000 km de la Polynésie. On y arrivait par hasard, on n’en repartait pas.

Une brève chronologie

Vers 1200, arrivée des premiers habitants en provenance de Polynésie
1722 – Découverte par Jakob Roggeveen (Pays Bas), le jour de Pâques, d’où le nom
1770 – Felipe González de Ahedo (Espagne) annexe l’île au profit de l’Espagne
1774 – James Cook (Angleterre) y fait escale
1786 – Jean-François de La Pérouse (France) y fait escale
De 1859 à 1863 les esclavagistes déciment et déportent la population d’origine
De 1864 à 1888 des entrepreneurs français venus de Polynésie s’installent, mais la France tergiverse à revendiquer le territoire
1888 – Le Chili annexe l’île

Le vocabulaire

Rapa Nui : la grande Rapa en référence à Rapa Iti, la petite Rapa, l’île de Polynésie d’où provient la population actuelle arrivée à la fin du 19ème siècle. Rapa Nui est le nom utilisé dans la langue locale pour désigner l’île de Pâques.

Moai (mot invariable): on en dénombre près de 900, entre 2.5 et 9 mètres de haut, pesant jusqu’à 80 tonnes. Ils proviennent pour la plupart de la carrière de Rano Raraku

Pukao (mot invariable): pierre rouge placée au sommet des moai, extraits de la carrière de Puna Pau. Plutôt que des chapeaux, ils représenteraient la chevelure retenue en chignon teinté en rouge, apanage des personnages importants.

Ahu (mot invariable): plateforme sur laquelle les moai se tiennent. Il s’agit d’un espace sacré que les visiteurs ne doivent pas gravir. Il y en aurait environ 300, le plus souvent réduits à peu de chose. Là où la plateforme existe encore, elle est précédée d’une autre zone sacrée marquée de pierres espacées, à ne pas pénétrer non plus.

La carrière de moai à Rano Raraku

Les moai ont été taillés dans les flancs du volcan Rano Raraku. On distingue les tranchées d’où les statues ont été extraites, alors que certaines sont restées inachevées, encore prisonnières de la roche. Dans le bas de la pente, de nombreux moai attendent leur livraison, ensevelis depuis par un glissement de terrain qui les aura ainsi préservé de l’érosion due aux éléments.

La carrière de pukao à Puna Pau

Les pukao provenaient d’une autre carrière à la pierre volcanique très rouge. Comme pour les moai, la production s’est brutalement achevée, laissant les derniers taillés sur place avant qu’ils ne soient livrés.

Contact avec les Incas

Parmi les nombreuses questions faisant toujours l’objet d’un débat figure les contacts éventuels avec le monde extérieur, notamment avec les Incas. L’indice principal se trouve à l’ahu Vinapu, dont l’ajustement typique des pierres correspond à la technique employée par les Incas à cette époque. Le hasard d’une telle similitude est fort improbable.

On peut imaginer un groupe d’hommes venus du continent sur un bateau perdu sur l’océan. Miraculés d’une dérive involontaire, incapables de reprendre la mer sur une embarcation en piètre état. Pendant une génération ils auraient pu faire profiter de leurs connaissances techniques, avant que leur descendance éventuelle se fonde dans la population existante.

La catastrophe écologique

On veut y voir une préfiguration de ce qui nous attend. Comme une maquette à échelle réduite de notre monde. Un territoire et des ressources limitées confrontés au défi d’une population croissante. Une fois le point d’équilibre franchi, la dégradation de l’environnement commence. Mais ce n’est qu’à l’approche de son épuisement, avec la raréfaction évidente des aliments disponibles que l’ajustement humain intervient. Correction brutale, famines et conflits réduisent le nombre de personnes, jusqu’à renverser une civilisation, comme l’illustre symboliquement la chute des moai.

Dans le cas de l’île de Pâques, le processus naturel a probablement était faussé par l’intrusion des voyageurs occidentaux, apportant avec eux des maladies contagieuses et des animaux invasifs, rats puis moutons. Ainsi, une île couverte de forêts se retrouve sans un seul arbre, les sols exposés s’érodent et deviennent improductifs, la population périclite.

Le surtourisme

Voilà le nouveau défi auquel doit faire face l’île de Pâques. La même logique de l’emballement se retrouve, demande croissante de visite face à des capacités d’accueil limitées. Le surtourisme prend ici toute sa signification et touche aux limites du possible bien plus vite qu’ailleurs.

Quelques chiffres :
En 2003: 5.000 habitants et 20.000 visiteurs
En 2018: 7.750 habitants et 150.000 visiteurs

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4 commentaires

    • Easter Island should be on the list of all curious travellers, it’s a very unique place.
      Flight and accommodation can be booked online. The tour of the main sites can be done in one day. For good photo conditions it is often necessary to come back several times. Sunrises and sunsets are also special moments depending on the clouds. I recommend renting a car and staying for a short week.

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