Sucre, Casa de la Libertad

(continue in English) – Dernière mise à jour : 4 octobre 2020

Sur la place centrale de Sucre, la belle façade de la Casa de la Libertad attire l’attention. Que le lourd portail de bois renforcé de clous imposants soit ouvert ou fermé, on devine qu’il s’agit là d’un lieu d’importance.

A l’origine on y trouvait un collège édifié par les Jésuites à partir de 1621. Ce premier établissement d’enseignement devait conduire à la création d’une université en 1624. Celle –ci se trouve dans le bâtiment voisin, on aperçoit sa tour depuis le patio.

En pénétrant dans la cour on retrouve la disposition des cloîtres, quatre galeries aux colonnes et arches légères entourant l’espace, avec au centre une fontaine. Dans un angle, la sculpture du chasseur bandant son arc évoque davantage la partie amazonienne ou la Chiquitania à l’est du pays.

L’ancienne chapelle des Jésuites servit aux examens puis devint la salle du Parlement au début de la république. On y a conservé les stalles de la première affectation.

C’est là que le 6 août 1825 l’Indépendance et la République furent proclamées. Le mouvement avait été mené par Simon Bolivar à qui le pays doit son nom et par Antonio José de Sucre dont la ville prit le nom. L’un puis l’autre furent successivement les deux premiers Présidents de cette jeune république.

En référence aux évènements historiques qui y ont pris place, la Casa de la Libertad demeure un lieu de cérémonies officielles, associées au fonctionnement de l’Etat. Les solennités qui s’y déroulent reçoivent ainsi le sceau du passé. Comme cela comporte quelques funérailles, on y expose les brancards funéraires servant à transporter les cercueils.

Sur le côté, un passage conduit à d’autres pièces complétant le musée par des espaces destinés aux chercheurs, avec archives, bibliothèque et cartothèque.

Sucre ou La Paz, quelle est la capitale?

Devant la Casa de la Libertad se trouve la Plaza 25 De Mayo, célébrant le 25 mai 1809 lorsque le mouvement d’insurrection contre l’Espagne commença à Sucre et qui aboutit avec la déclaration d’indépendance en 1825. En 1809 l’Espagne se trouve alors sous le contrôle de Napoléon qui installa son frère Joseph sur le trône. Cela créa des mouvements divers en Espagne et dans ses colonies, pour ou contre la France, pour ou contre la monarchie espagnole déchue. En Amérique du sud, les réactions se cristallisèrent rapidement dans une revendication d’indépendance des élites locales désireuses de s’affranchir du contrôle administratif de la métropole.

En 1809 Sucre s’appelait encore Chuquisaca et tirait principalement sa richesse des mines des environs comme l’argent extrait à Potossi. Elle disposait aussi d’une université où les idées progressistes étaient déjà agitées. La ville fut donc naturellement l’un des détonateurs du mouvement d’indépendance. Lorsque après de nombreuses batailles les indépendances furent progressivement déclarées par les différentes parties de l’empire espagnol, les représentants de ce qui était alors le Haut-Pérou se réunirent à Chuquisaca et proclamèrent l’Indépendance dans cette salle de la Casa de la Libertad. Faisant de la ville la capitale du nouveau pays, comme cela est inscrit dans la constitution rédigée par Simon Bolivar.

Le reste du 19ème siècle ne fut pas plus calme, des guerres de frontière avec les voisins conduisirent au remodelage des pays. Au sein même de la société bolivienne, différents courants de pensée se développèrent, s’appuyant sur les antagonismes régionaux et les évolutions divergentes des fortunes économiques. Pour simplifier, Sucre se tintait de conservatisme financé par les mines d’argent, alors que La Paz affichait son libéralisme soutenu par les mines d’étain. L’argent déclinant au profit de l’étain, La Paz prit le dessus lors d’une cruelle guerre civile en 1898-1899. Les vainqueurs établirent le pouvoir exécutif et législatif à La Paz.

Donc le bilan de tout cela se trouve dans la dualité. Officiellement et par la Constitution, Sucre est la capitale de la Bolivie depuis 1825. Mais après 1899, le siège du Gouvernement et le Parlement sont installés à La Paz. Suivant le principe de la séparation des pouvoirs, l’autorité judiciaire suprême se trouve à Sucre. Il faudrait aujourd’hui ajouter une troisième ville dans l’équation, Santa Cruz à l’est du pays, à la fois la ville la plus peuplée et la plus riche du pays. Mais cela est une autre histoire …

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4 commentaires

  1. Super! Très belles photos. Sucre a l’air très élégante, et ça m’inspire de visiter la Bolivie un jour. Merci pour vos posts; ces sont hyper-utiles pour pratiquer mon français! Bonne journée à vous. 🙂

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