Sylvia Grinnell Park

(continue in English) – Publié : 7 octobre 2020

Le parc territorial Sylvia Grinnell commence à un kilomètre / 0.6 mile de la ville d’Iqaluit au Nunavut. Compte tenu des distances modestes, il est facile de s’y rendre par la route de terre qui bifurque avant d’arriver à l’aéroport, puis contourne le bout des pistes. Avant de parvenir au parc, la route traverse la modeste zone industrielle d’Iqaluit, offrant des vues à l’opposé de ce que l’on est venu chercher. En poursuivant vers le bout de la presqu’île, on arriverait à la décharge de déchets qui a tendance à attirer les ours polaires affamés, rarement, mais cela arrive.

En arrivant à l’entrée du parc, il y a un petit parking, mais il ne faut pas se leurrer, les voitures garées-là ne sont pas celles de visiteurs amateurs d’espaces naturels, se sont essentiellement les pêcheurs que l’on retrouvera plus loin, canne en main, sur la rive de la rivière. En dehors des pêcheurs, il n’y a généralement pas grand monde, quelques marcheurs venus faire le tour de la croupe rocheuse, peut-être une classe venue s’aérer et mettant un peu d’animation.

L’accueil est minimal en comparaison des parcs canadiens, un discret pavillon peut servir d’abris en cas de mauvais temps subit, quelques panneaux d’information, une terrasse de piquenique, les visiteurs sont laissés à eux-mêmes pour le reste.

Avant de plonger vers la rivière, il est bon de gravir la petite pente qui permet d’avoir une vue générale. Le regard bute très vite sur la rivière Sylvia Grinnell qui a donné son nom au parc. A marée basse, deux petites chutes d’eau peuvent se distinguer, attirant inévitablement l’attention. Autour du lit de la rivière, une zone dépourvue de végétation indique l’étendue habituelle des crues printanières, lorsque la masse neigeuse de l’hiver fond progressivement. Au-delà de la barre rocheuse suivante, la baie de Frobisher continue à se déployer.

La rivière est un endroit très apprécié pour la pêche de l’omble. L’omble est assez proche du saumon et de la truite, c’est souvent le seul poisson rencontré aussi loin dans le nord. Un permis de pêche est nécessaire sauf pour les Inuits du Nunavut.

La faible profondeur de la rivière à marée basse peut poser des soucis aux barques qui s’aventurent dans l’estuaire.

Vivre sous la tente constituait l’ordinaire estival des Inuits, retrouvant alors leurs habitudes nomades. La terre étant trop dure pour y enfoncer des piquets profondément, la pratique consiste à attacher des câbles aux rochers, de grosses pierres servant aussi à fixer la base de la tente. Des générations d’Inuits ont laissé ces cercles de pierres un peu partout dans les coins les plus populaires.

Aujourd’hui les Inuits sont sédentarisés mais aiment encore pratiquer occasionnellement le camping pendant l’été. Il est possible de camper librement dans la toundra, mais beaucoup ont pris l’habitude d’installer leur tente pour l’été sur la rive de la rivière Sylvia Grinnell, dans le parc, profitant d’un minimum de logistique et de surveillance. Normalement il y a une trentaine d’emplacements, mais le nombre de tentes peut atteindre la centaine, personne n’étant refusé.

Dans la toundra, le sous-sol est gelé en permanence, le pergélisol, alors que la surface peut dégeler en été. Parce que le sous-sol est gelé, l’eau ne peut pénétrer et reste à la surface, formant de nombreux lacs et des marais.

Les fleurs disposent de peu de temps pour la floraison dans la toundra. La linaigrette est très présente sur les terres marécageuses et se rencontre dans le parc. Leur soie était cueillie par les Inuits, utilisée pour démarrer un feu, pour fabriquer des mèches de bougies ou servir de rembourrage.

Charles Hall fut le premier Européen à explorer cet endroit en 1861, il lui revint de nommer les lieux. Son expédition étant financée par Henry Grinnell de New York, Hall retint le nom de la fille de son sponsor, Sylvia Grinnell, pour désigner la rivière, le parc conserva ce nom.

Le parc continue au-delà de la rivière, mais cette partie n’est pas autorisée à la visite. On y a identifié des vestiges archéologiques, rien de très spectaculaire, des traces d’habitation qui intéressent surtout les spécialistes cherchant à mieux connaitre le mode de vie de ceux qui parvinrent à s’adapter à cet environnement extrême. Occasionnellement on y voit passer les caribous et les ours polaires.

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