La route Trans-Chaco

(continue in English) – Dernière mise à jour : 3 janvier 2021

D’Asunción à la Bolivie, la route traverse tout le nord du Paraguay sur 835 kilomètres, 520 miles. La route tracée en 1961 fut longtemps un bourbier infranchissable lors des pluies, sa réputation de route infernale s’est forgée pendant cette période, elle n’a pas encore complètement disparue. Au début des années 2000, la route a été progressivement asphaltée. Mais les fondations sont cependant insuffisantes pour soutenir le poids des nombreux camions qui empruntent l’itinéraire, de plus la couche de revêtement est aussi trop mince pour résister longtemps au trafic.

Malgré d’incessantes réparations, la couche d’asphalte se délite rapidement, on alterne les quelques tronçons réparés récemment et roulant correctement avec ceux en différents états de délabrement, ce qui rend la conduite difficile et le temps du parcours imprévisible. Sur ce long trajet, Filadelfia est la seule vraie ville disposant de tous les services.

Bien que la population soit peu nombreuse dans la région, la circulation est relativement soutenue. Il s’agit de la seule route permettant de rejoindre la Bolivie et notamment Santa Cruz, la grande ville économique bolivienne dont l’attraction s’exerce au-delà des frontières.

Quand le prochain supermarché se trouve à plus de 400 kilomètres, 250 miles :

En conséquence de l’absence de centres urbains, les dépannages sont aléatoires. En plusieurs endroits des ateliers rudimentaires tentent de tirer profit de cette situation en offrant leurs services, surtout dans le domaine des crevaisons.

Le bord de la route est jalonné de petits sanctuaires semblant marquer l’emplacement d’un accident fatal.

Le Chaco

La Guerre du Chaco opposa le Paraguay et la Bolivie de 1932 à 1935. Lors de plusieurs conflits territoriaux au 19ème siècle, les deux pays s’étaient vus amputer de larges portions de leurs territoires par leurs voisins plus puissants. Le Chaco semi-désertique devint alors pour chacun d’eux un enjeu patriotique et un moyen de compenser les pertes territoriales précédentes. Le Paraguay l’emporta à l’issue de combats très meurtriers dans une région inhospitalière. La paix ne fut cependant signée qu’en 2009.

La région se trouve au nord du Paraguay et en occupe 60% du territoire mais ne compte que 10% de la population. Le climat semi-aride complique sa mise en valeur. Conscient de l’enjeu stratégique que cela constitue, le Paraguay s’efforce cependant d’accentuer sa présence, la route Trans-Chaco en étant l’élément le plus flagrant.

Cactus et arbres bouteilles montrent deux stratégies opposées de la nature pour s’adapter au manque d’eau, l’un se contente de peu alors que l’autre stocke lorsque cela est possible, lui donnant une étrange silhouette.

Bien que peu peuplé, le Chaco voit l’activité humaine gagner en importance.

La gestion de l’eau est essentielle au développement de l’activité agricole. Celle-ci se fait malheureusement par une déforestation sans contrôle, faisant disparaitre la forêt d’origine pour installer des cultures industrielles ou de l’élevage bovin, répliquant le modèle brésilien voisin. Cela permet d’importantes exportations dont on ne voit pas le bénéfice pour les infrastructures ou la population locale.

Le passage de la Trans-Chaco dans cet environnement agricole ne se fait pas toujours sans conséquences. Il y ainsi ces carcasses de bovins sur le bord de la route ou ces brûlis pas toujours bien contrôlés qui menacent la circulation.

Le long de la route Trans-Chaco, fincas et estancias, plus ou moins grandes exploitations agricoles, montrent leurs portails de loin en loin. Quelques modestes habitations se laissent deviner depuis la route. Il faut imaginer l’isolement de celles moins bien loties, loin de la seule voie de communication carrossable.

Le centre Pa’i Puku a été fondé en 1965 par un missionnaire belge pour scolariser les enfants des fermes isolées du Chaco. Compte tenu des distances, les élèves sont aussi hébergés pendant une partie de l’année.

Le tourisme, notamment l’écotourisme tend à se développer mais manque toujours d’infrastructure de qualité, Filadelfia constituant une exception. Cependant la curiosité de nombreux voyageurs les pousse vers ce Chaco encore un peu énigmatique, notamment vers cette route Trans-Chaco dont la réputation de route infernale n’appartient pas encore complètement au passé.

Pour être informé des prochains articles, inscrivez-vous ici (c’est gratuit).

Autres articles sur le Paraguay :

Pour être informé des prochains articles, inscrivez-vous ici (c’est gratuit).

2 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s