Rencontre avec les manchots de la Terre-de-Feu

(continue in English) – Dernière mise à jour : 14 octobre 2020

Sur le port d’Ushuaia se trouvent plusieurs kiosques vendant de nombreuses excursions en bateau dans le Canal de Beagle, au sud de la Terre de Feu. Ce sont souvent des catamarans possédant une meilleure stabilité. Les manchots en sont les grandes vedettes. Comme ils se tiennent plus éloignés de la ville, tous les bateaux ne les visitent pas, il faut donc prendre le temps de détailler leur itinéraire avant de se décider.

Les conditions de navigation peuvent parfois être intimidantes. Le détroit entre les deux océans est bordé de reliefs prononcés et sa largeur changeante favorise les sautes de vent et les courants. La présence de nombreux îlots en fait un lieu de naufrages le long de côtes inhospitalières. Ainsi l’épave du El Monte Sarmiento, échouée en 1912, continue de faire frissonner ceux qui passent par là.

A l’entrée de la rade d’Ushuaia, un groupe d’îlots a été nommé Les Eclaireurs par une mission d’exploration française en 1882. Un phare se tient sur ces gros rochers sortants de l’eau, tentant de guider les navires pour leur faire éviter l’écueil. Le Phare des Eclaireurs est souvent confondu ou présenté comme le Phare du bout du monde ayant servi de cadre à l’un des romans de Jules Verne. Il se trouve en réalité sur l’Ile des Etats à 285 km de là. Une réplique du phare se trouve au musée d’Ushuaia.

Sur les îlots des Eclaireurs une grande colonie de Cormoran impérial occupe le terrain. On en trouve d’autres colonies sur les îlots et les grèves du Canal Beagle. De loin, leur plumage noir et blanc, leur dandinement maladroit pourraient les faire passer pour des manchots. Mais dès qu’ils ouvrent les ailes et s’envolent, l’illusion disparait. De plus près, leur long cou replié et leur bec prononcé confirment l’imposture. Pour les manchots, il va falloir attendre encore un peu.

Le Lion de mer, une espèce d’otarie partiellement couverte de fourrure, se rencontre sur toutes les côtes d’Amérique du sud. Les groupes rassemblés sur les rochers passent leur temps à se frotter mutuellement. Dans le Canal Beagle ils occupent notamment un gros rocher battu par les vagues que les bateaux d’excursion se plaisent à venir visiter les uns après les autres. Cela ne semble pas déranger ces grosses bêtes qui poursuivent leurs activités de groupe.

Enfin, après un moment de navigation plus long que les autres, passant au large de Puerto Williams sur la côte chilienne, la vedette parvient en vue d’Isla Martillo, là où se trouve la seule colonie de manchots à proximité d’Ushuaia. Bateaux et vedettes peuvent s’approcher doucement de la grève, mais ne peuvent débarquer. Cette approche en douceur laisse les manchots stoïques, par curiosité ils inclinent la tête pour mieux détailler cette grosse masse qui leur coupe l’accès à l’eau.

Le nombre de visites terrestres est volontairement limité chaque jour afin de ne pas perturber les manchots sur leur lieu de nidification. Quatre groupes de vingt personnes chacun peuvent passer quelques minutes à proximité des manchots, les guides s’assurant qu’il n’y a pas d’interaction avec les oiseaux.

Les visites terrestres sont organisées à partir de l’Estancia Harberton à qui l’île appartient.

Depuis que l’île a cessé de servir de pâture aux moutons en 2009, la colonie de manchots s’est rapidement développée. Les couples s’y retrouvent chaque été pour la reproduction avant de repartir vers des eaux plus chaudes afin de se nourrir pendant l’hiver austral. Plusieurs espèces se côtoient sur la même aire de reproduction.

Le Manchot de Magellan, le plus nombreux à Martillo, on en compte environ 3000 couples. Ils mesurent autour de 70 cm.

Le Manchot papou, plus rare et plus sensible à la présence humaine, il est toutefois en progression numérique, ce qui prouve la bonne gestion du site.

Allongé, un manchot royal solitaire semble s’être trompé de lieu de villégiature. C’est effectivement un visiteur plus occasionnel à Martillo. C’est la deuxième plus grande espèce de manchot, pouvant mesurer 1 mètre. Le Manchot empereur le dépasse d’une vingtaine de centimètres.

Les manchots sont des animaux migrateurs. Ils arrivent à l’Isla Martillo vers le mois de novembre où ils creusent un nid afin de protéger l’œuf et le juvénile des prédateurs. Les juvéniles sortent du nid dans le courant du mois de janvier et apprennent à nager au début de février, perdant leur duvet et ressemblant de plus en plus aux adultes. Parents et juvéniles quittent l’île en mars pour remonter vers le nord. Il faut donc bien choisir la période de sa visite.

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2 commentaires

  1. Oh, les manchots sont trop mignons! Vous êtes très chanceuse de les avoir vu. Également, je me suis dite qu’on les s’appelle « les pingouins, » mais ce mot est un faux-amis, n’est-ce pas? J’ai hâte de lire plus sur vos aventures en Argentine!

    Aimé par 1 personne

    • Je crois qu’il y a un problème avec les Français. Les Anglais disent penguin, les Allemands disent pinguin, les Espagnols et les Italiens disent pinguino, et les Français disent manchot! Probablement un scientifique qui s’est trompé quelque part 🙂 Sinon les manchots sont toujours amusants à observer, l’anthropomorphisme est tellement évident avec eux.

      Aimé par 1 personne

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