Parc provincial Algonquin

(continue in English) – Publié : 16 janvier 2021

A seulement quelques heures de route de grandes villes comme Toronto et Ottawa, le parc provincial Algonquin bénéficie d’une forte fréquentation. Il représente l’espace le plus évident pour renouer avec la nature profonde, il attire aussi bien les habitants de la province que de nombreux visiteurs étrangers.

A la fin du 19ème siècle, alors que commençait à apparaitre les premiers parcs nationaux canadiens, le premier étant Banff en 1885, la province de l’Ontario décida de prendre l’initiative de créer le premier parc provincial en 1893, ce fut le parc provincial Algonquin. La préoccupation initiale portait sur la disparition rapide de l’espace naturel au sud de la province avec le développement de l’activité humaine. Les forêts primaires de pins blancs et rouges vieilles de plusieurs siècles étaient abattues pour vendre des poutres à l’Angleterre ou aux Etats-Unis.

Depuis le début du 19ème siècle des camps d’hiver offraient un abri sommaire aux bûcherons. Ils profitaient des sols et des cours d’eau gelés pour y positionner les troncs, ceux-ci étaient ensuite emportés par le courant alimenté par la fonte des neiges au printemps.

Les rivières étaient ainsi corsetées en amont pour favoriser le passage des troncs d’arbres.

Bien que perdant un tiers du volume de bois, les troncs étaient taillés à la hache pour leur donner une forme carrée, plus facile à manipuler et à entreposer.

Avec l’instauration du parc provincial, l’idée n’était pas d’interdire les coupes de bois, mais de mieux les encadrer. Il fallut aussi progressivement déplacer les fermiers qui s’étaient installés, puis décourager chasseurs et trappeurs, souvent issus des Premières Nations. Certaines zones du parc sont maintenant interdites à toute présence humaine, pour permettre aux espèces de s’y réimplanter. On y compte désormais plusieurs meutes de loups, ours noirs et orignaux étant les autres principales espèces observées. L’activité humaine reste modérée ailleurs dans le parc.

L’ouverture au public d’une grande partie du parc permet d’accéder à des zones préservées et montrant la quintessence de la nature canadienne. Le parc se trouvant dans la région de transition entre conifères et feuillus, il bénéficie d’une grande variété d’espèces végétales.

Des sentiers de randonnées sont tracés à travers la forêt, de longueur variée selon les aptitudes des visiteurs. La plupart se trouvent le long du corridor de la route 60 qui traverse le parc. Il y a aussi des sentiers plus ambitieux pour ceux qui souhaitent s’enfoncer plus durablement dans l’arrière-pays et notamment rejoindre des aires de camping isolées.

Il y a plus de 2000 lacs et plus de 1000 kilomètres, 620 miles, de rivière, le traditionnel moyen de déplacement dans les canots reprend donc tout son intérêt. Ainsi le lac Opeongo est le plus grand lac du parc, canoés et kayaks permettent d’accéder à des zones moins fréquentées. Un service de water-taxi est aussi disponible pour éviter de trop pagayer.

Le parc Algonquin a attiré et inspiré les artistes peintres, notamment le Groupe des Sept, également appelé Algonquin School, comme il y eut l’Ecole de Barbizon en France ou l’Hudson River School dans l’état de New York. L’inspirateur du groupe, Tom Thomson (1877–1917), y fit de nombreux séjours avant de perdre tragiquement la vie dans Canoe Lake. Le Centre d’Accueil du parc présente une exposition-vente de peintres contemporains.

Puis un jour, l’automne arrive. Le parc Algonquin devient un plaisir pour les yeux et une joie pour les photographes durant quelques semaines. Jusqu’au moment de la dernière visite, avec un peu de nostalgie, on se promet de revenir l’année prochaine.

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8 commentaires

    • J’aime beaucoup ce parc provincial, cela permet de se rendre compte de comment était le paysage avant que les bucherons et les fermiers arrivent et le transforment. Cela rend possible de s’imaginer comment les Premières Nations puis les Coureurs des bois ont vécu dans cette partie du Canada.

      Aimé par 1 personne

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