Les mystères de Tiwanaku

(continue in English) – Publié : 28 avril 2021

Tiwanaku se trouve en Bolivie à environ 60 kilomètres, 37 miles, de La Paz, en direction du lac Titicaca et du Pérou. Ce fut le centre politique et religieux du peuple Aymara qui s’est développée sur plusieurs siècles, exerçant son influence sur une vaste région allant du sud du Pérou actuel au nord du Chili.

Il ne s’agit pas du site archéologique le plus spectaculaire d’Amérique du sud, il en reste peu de vestiges ce qui rend difficile leur interprétation et manque de marquer l’imagination, si ce n’est par ses mystères. Pourtant ce site met en évidence une culture pré-inca ayant atteint un haut niveau d’organisation, permettant par exemple une réelle maitrise de l’architecture monumentale, qualités dont les Incas hériteront et perfectionneront.

Le village bolivien de Tiahuanaco s’étend aux limites du site historique, l’ancienne gare d’un chemin de fer à l’abandon servant de billetterie.

En arrivant sur le site, la visite commence par deux structures couvertes. Malheureusement les photos y sont interdites. La première contient principalement le monolithe de Bennett, du nom de l’archéologue qui le mit à jour en 1932. Il mesure plus de 7 mètres, 24 pieds, de haut et pèse 19 tonnes, c’est le plus massif des monolithes découverts jusque-là à Tiwanaku. Il est richement orné, sans que toute la symbolique soit clairement identifiée.

Le deuxième bâtiment contient une exposition des objets retrouvés dans les fouilles, tentant de retracer l’historique et de familiariser les visiteurs avec ce que l’on sait déjà de cette cité ancienne.

Le centre cérémoniel était dominé par la pyramide Akapana, constituée de sept terrasses successives. Les murs de soutènement ne sont que partiellement reconstitués, laissant une structure informe s’apparentant à un vague monticule de terre.

Au pied de la pyramide, s’étend le temple Kalasasaya, une large plateforme qui devait appartenir à un complexe religieux ceint de murs. Ces murs ont partiellement disparu, il reste surtout la partie soutenant la terrasse, contenant notamment de solides monolithes disposés à distance régulière.

Sur les côtés, une série de petites structures auraient pu être des mausolées où les momies étaient placées.

Dans cette enceinte probablement sacrée, deux monolithes se dressent encore, là où ils furent découverts.

Le monolithe Fraile mesure 3 mètres, 10 pieds, de haut, il se situe dans l’enceinte du temple. Cependant son rôle et sa signification restent incertains. Sa ceinture représentant des crabes, cela semble renforcer l’hypothèse que le lac Titicaca, aujourd’hui à 20 kilomètres, 12 miles, se trouvait plus proche.

Le monolithe Ponce a également été retrouvé sur la plateforme du temple, sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agissait de sa position d’origine, ni quel rôle il jouait. Chaque monument semble être une nouvelle énigme.

La porte du Soleil est l’un des monuments le plus médiatisé du site. Elle est formée d’un seul bloc de pierre de plus de 10 tonnes, dont l’origine se situe à 100 kilomètres, 62 miles, de l’autre côté du lac Titicaca. S’agissait-il d’une porte symbolique ou fermait-elle réellement une enceinte, les hypothèses restent ouvertes.

A l’autre extrémité se trouve une autre porte monumentale, désignée par symétrie comme la porte de la Lune. Elle a été reconstituée au milieu de la muraille encore en place. De là, un escalier majestueux se dirige vers le temple sous-terrain.

Le temple sous-terrain se présente comme une sorte de bassin creusé dans la cour arrière de la plateforme du temple. S’il est difficile de se représenter la disposition exacte des lieux à l’origine, on a cependant conscience qu’il s’agissait d’un endroit ayant fait l’objet d’une attention particulière, les parois étant notamment décorées de visages en relief créant un effet saisissant. Là encore l’interprétation des premiers archéologues repose sur beaucoup d’inconnues, leur signification réelle demeurant mystérieuse.

A proximité du site principal mais en dehors de l’enceinte se trouve la pyramide de Pumapunku. On distingue encore ses terrasses inférieures ainsi que les drains intérieurs permettant d’évacuer l’eau de pluie, peut-être s’agissait-il de fontaines descendant d’une terrasse à l’autre.

La pyramide est entourée de vestiges épars composant comme les éléments préconstruits de monuments à assembler. On y remarque la netteté des formes géométriques bien que la décoration soit assez sommaire.

Le site archéologique de Tiwanaku est loin d’avoir livré tous ses mystères. Il a certainement un lien avec le site péruvien de Sillustani à une centaine de kilomètres, 62 miles. Tiwanaku est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2000.

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6 commentaires

  1. Un autre endroit fascinant de l’Amérique du Sud! Et les structures, comme celles de Sillustani, sont très similaires aux celles de l’île de Pâques, surtout des monolithes! Ça m’étonne le lien entre ces civilisations, car elles sont assez loin d’elles-mêmes…mais l’énigme fait se réfléchir quand même!

    Aimé par 1 personne

    • L’Amérique latine est pleine de sites encore peu connus. Pour simplifier, la communication se base sur quelques sites, mais il est évident qu’ils ne sont pas apparus d’un coup, il y a aussi toutes les strates de l’histoire pour y parvenir. Merci pour le commentaire.

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