Les paysages de l’Ile de Pâques

(continue in English) – Publié : 8 mai 2021

Il est évident que les voyageurs viennent jusqu’à l’Ile de Pâques d’abord pour se retrouver au pays des moai, attirés aussi par la part de mystère qui demeure sur cette civilisation laissée à elle-même pendant des siècles. Mais dans un séjour de plusieurs jours, vient le moment de faire une pause dans le parcours culturel et de regarder un peu le paysage.

Oubliés les moai, oubliés les mystères du passé, l’île de Pâques se trouve au milieu du Pacifique à la même latitude que la Polynésie qui fait naitre tant de phantasmes. A mi-chemin entre le Chili (3.700 km / 2.300 mi) et la Polynésie (4.000 km / 2.485 mi), l’île ne mesure que 163 kilomètres carrés, 100 miles carrés, un confetti dans l’immense océan Pacifique.

L’Ile de Pâques est d’origine volcanique, elle est formée de trois cratères principaux dont le plus élevé atteint 507 mètres, 1663 pieds, on compte au total environ soixante cratères. Ils sont tous éteints et aucun épisode volcanique ne semble avoir perturbé la période habitée, pour autant que l’on puisse le déduire d’une histoire très elliptique. Le paysage reste cependant marqué par ces cônes caractéristiques.

Un autre résultat de l’activité volcanique, il existe des tunnels de lave. Ces tunnels se constituent lors d’une éruption produisant une coulée de lave. Le magma extérieur se solidifie au contact de l’air plus rapidement que l’intérieur qui reste liquide et finit par s’écouler, laissant seulement la couche extérieure former un tunnel.

Les tunnels retrouvés sur l’Ile de Pâques ont fait l’objet d’un vie troglodyte, soit comme habitation, soit même pour effectuer des cultures. Certaines de ces cavités ouvrent sur la mer au milieu des falaises. Il est possible d’explorer certains tunnels de lave.

Le cratère du Rano Kau est devenu le réservoir naturel d’eau de pluie pour la population groupée à Hanga Roa. Comme un immense château d’eau naturel dont les ressources sont scrutées, car menacées par l’augmentation de la population locale et du nombre de visiteurs, ainsi que par l’évolution des modes de vie.

Rano Raraku est un autre cratère formant un lac naturel. Il s’agit du volcan dans lequel les moai furent sculptés, il se trouve au centre de l’île et sert surtout à abreuver la population de chevaux se promenant en liberté.

Les chevaux semi-sauvages sont un spectacle étonnant de l’Ile de Pâques. Ils vont et viennent sans contrôle, y compris sur les sites archéologiques, piétinant en toute impunité les ahu sacrés, là où les visiteurs maladroits se font férocement réprimandés par des guides imbus de leurs prérogatives.

Formant de petits groupes ou plus rarement isolés, on les compte par milliers, ils portent cependant une marque les reliant à un propriétaire.

Ce poulain bénéficie de la protection attentive de sa harde, les membres se sont disposés en rempart autour de lui. Ce n’est que lorsque le jeune cheval se dressera maladroitement sur ses pattes fragiles, à l’approche d’un car, que le groupe partira au petit galop.

Jusqu’en 1953 la très grande majorité de la surface de l’île, autour de 95%, fut concédée à des éleveurs de moutons anglais par le gouvernement chilien. La population n’avait pas le droit de s’aventurer au-delà des limites étroites de Hanga Roa, le seul lieu habité.

Peut-être en souvenir de cette période malheureuse, on ne voit guère de moutons, alors que les vaches jouissent de la même liberté que les chevaux, en plus petit nombre cependant. Malgré de vagues clôtures, on les trouve souvent près des routes car elles se montrent moins agiles que les chevaux pour se déplacer en terrain accidenté.

Les chiens aussi se promènent librement. Ils ne connaissent pas le collier bien que certains prennent à cœur la défense de la propriété de leur maitre. D’autres errent où ils le souhaitent, se montrant d’une étonnante familiarité avec les visiteurs. Habitués des lieux normalement visités, ils servent de guides bénévoles pour montrer le chemin, n’attendant rien en échange de leur effort.

A partir de Hanga Roa, il y a deux routes goudronnées, l’une partant vers le nord, l’autre vers l’est. Pour faire le tour de l’île, il faut emprunter un chemin de terre entre les deux parties goudronnées. Au-delà, sur les chemins de campagne, la plupart du temps les 4×4 sont indispensables sur les portions défoncées.

On considère que l’Ile de Pâques a souffert d’une déforestation totale à la suite de la surexploitation d’une ressource limitée par une population en croissance permanente. Quelques plantations ont été tentées mais l’essentiel des terres relèvent de la pâtures extensive avec quelques champs cultivés à proximité de Hanga Roa.

Les côtes sont généralement inhospitalières, même lorsqu’il n’y a pas de falaise, des rangs de rochers où viennent se fracasser les vagues les rend inabordables.

Il n’y a finalement que deux petites plages de sable au nord, Anakena et Ovahe. C’est là que se retrouve la population locale qui conserve un lien étroit avec la mer, ainsi que les vacanciers désireux de faire une pause plus classique.

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11 commentaires

  1. Super article! Ça me fait souvenir ma visite à l’île de Pâques il y a trois ans, et tes photos montrent la beauté naturelle de l’île. Mais à part de visiter et photographier des moais en tant que touristes, il faut aussi comprendre ses politiques, car il est une territoire chilienne et l’histoire de la déforestation, le traitement des indigènes (avec leurs status comme citoyens chiliens), et le mépris du héritage des moais (i.e. le vandalisme, le « vol » de quelques statues par des autres pays pour afficher aux musées en Europe et des pays occidentaux)…bon, il faut être respectueux de la culture Rapa Nui. Je te remercie pour le partage, comme toujours.

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    • La population d’aujourd’hui n’a rien à voir avec la population d’origine, celle-ci a été malheureusement déportée puis décimée par les maladies. Ensuite sont venus des polynésiens français (les Rapa Nui), au point que la France hésita un temps à en revendiquer la souveraineté. Quant aux moai ils ont été renversés voire détruits par ceux qui les avait dressés. Si aujourd’hui on peut les admirer, c’est grâce aux efforts des pays occidentaux qui ont pris conscience de leur importance. Il y a donc une certaine hypocrisie de la part des locaux qui prétendent qu’on vole « leur héritage ». Leurs ancêtres n’y sont pour rien et s’il n’y avait eu qu’eux ils auraient fini de les détruire par ignorance. Cela dit je préfère voir les moai sur l’Ile de Pâques plutôt que dans les musées européens.

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  2. Un autre des pays du passé allait chaque mois jusqu’en 2001, en particulier Santiago Valparaiso, Viña del Mar, Puerto Montt, Concepcion, Temuco et au nord d’Iquique. merci pour les souvenirs du Chili j’ai encore les brochures de mes voyages!

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  3. Easter Island is one of my favourite places. Like you said, there’s so much more than Moais to see and everything is beautiful and interesting! Recently I watched a documentary called Eating Up Easter about the island and it was really eye-opening, I really recommend it.

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