Shelburne Museum (VT)

(continue in English) – Publié : 31 juillet 2021

Dans le Vermont, à proximité de Burlington, le musée de Shelburne m’a surpris par son ampleur. Plus j’avançais, plus j’en découvrais, je tirais sur un fil sans fin, sans parvenir à en voir le bout. C’est finalement l’horaire de fermeture qui me poussera vers la sortie. Cet ensemble un peu disparate de bâtiments et d’objets de valeur pourrait se définir comme une collection de collections.

A première vue cela ressemble à un village historique rassemblant 39 vieilles structures intéressantes, comme il en existe un peu partout. Mais rapidement le visiteur découvre que ces vieux bâtiments contiennent à leur tour plusieurs collections recouvrant différents domaines.

A l’origine de cet endroit hors de commun créé en 1947, on trouve la riche famille Webb, tout particulièrement l’une des femmes de cette grande famille newyorkaise, Electra Havemeyer Webb (1888-1960) qui imitant ses parents commença à collectionner très jeune.

La famille Webb légua ainsi les plus belles pièces de la collection familiale d’œuvre d’art, présentées dans six pièces recréées de leur appartement de New York. Elles sont groupées dans un Memorial qui ressemble à une élégante résidence de campagne.

La collection compte notamment des peintures de Rembrandt, Monet, Manet, Degas, Cassat et de nombreux meubles de grande qualité.

Une autre passion de la famille Webb se retrouve dans une très grande collection de moyens de transport. Objets particulièrement encombrants, demandant des espaces assez vastes pour être conservés et montrés au public.

Cela résulta en une combinaison de deux collections, celle des véhicules et celle de vieux bâtiments ainsi préservés et regroupés en un même endroit. Le plus spectaculaire étant la grange ronde où se trouvent les véhicules utilisés par les Webb à New York.

Il y a aussi cette diligence de 1852 qui innova par l’installation d’un système d’amortisseurs apportant un confort inconnu jusque-là.

L’intérêt des Webb se porta tout particulièrement vers les véhicules tirés par des chevaux, il y en a plus de 220.

Un autre moyen de transport, le bateau à vapeur Ticonderoga, rejoignit le parc du musée après sa mise à la retraite en 1953. Lancé en 1906, le bateau a opéré sur le lac Champlain tout près. Il constituait un chainon entre New York et Montréal, combinant plusieurs moyens de transport comme le train et le bateau. Puis vint l’avion.

A bord le temps s’est arrêté en 1923. Un jeune couple part en voyage avec leur Durant embarquée sur le pont. Les cabines des voyageurs, les salons ou la salle à manger rappellent le luxe dans lequel vivaient ceux qui voyageaient pour leur plaisir à l’époque.

Construit en 1871 sur le lac Champlain pour signaler Colchester Reef, le phare fut retiré du service dans la période où le Ticonderoga cessa ses opérations, naturellement il le rejoignit à Shelburne. On y voit les pièces où vivait la famille du gardien et le fonctionnement d’une lanterne de Fresnel y est expliqué.

Les ponts couverts font partie du paysage des états de la Nouvelle-Angleterre. Celui-ci date de 1845 et enjambait la rivière Lamoille avec deux voies.

En plus des œuvres d’art qui constituent la base de la collection du musée, un autre objectif consista à collectionner les objets ordinaires illustrant cependant un mode de vie, notamment en provenance des régions rurales. Cela accompagna les maisons typiques rassemblées ici. Il en fut ainsi de Prentis House de 1773 montrant ce qu’était les maisons de type saltbox.

Une maison de rondins construite au milieu du 19ème siècle comme habitation provisoire avec son ameublement sommaire. Il s’agissait soit d’un nouvel immigrant soit d’une maison secondaire près d’un chantier saisonnier.

Dorset House de 1832 montre un autre style de vie, la maison appartenait à un entrepreneur aisé.

Dutton House remonte à 1782 et resta habitée par la même famille jusqu’en 1900.

On trouve aussi une auberge de 1787 où sont maintenant exposés des objets usuels de l’époque.

Au fil des bâtiments d’autres collections apparaissent montrant des aspects différents de la culture populaire nord-américaine, comme des maisons de poupées, il y a plus de 1000 poupées, ou des quilts, la collection en compte plusieurs centaines.

Compte tenu de la diversité, il doit y avoir quelque chose pour tout le monde, avec non seulement l’idée de conserver mais aussi d’éduquer avec ce qui nous serait moins familier. Une bonne demi-journée est sûrement nécessaire pour en faire le tour.

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6 commentaires

  1. J’ai passé vers l’état de Vermont pour un « pit-stop, » mais c’était tout– je n’ai visité ni musées ni monuments là-bas. Mais Shelburne Museum a l’air fascinant, car il montre la « noblesse » américaine du 18ème et 19ème siècles, et le Vermont a l’histoire des gens riches, c’est clair. Merci du partage.

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