Village Historique Acadien (1773-1855)

(continue in English) – Dernière mise à jour : 9 janvier 2022

Le Village Historique Acadien se trouve près de Caraquet au Nouveau-Brunswick, dans la péninsule acadienne.

Il est composé de 40 vieilles maisons acadiennes du 18ème au 20ème siècle, recréant la période de réinstallation des Acadiens après le Grand Dérangement* de 1755. Le but du village est de présenter la vie quotidienne des Acadiens entre 1773 et 1949, en montrant et en expliquant leurs conditions de vie dans un environnement reconstitué, aussi authentique que possible.

Le Village existe depuis 1977 lorsqu’il commença avec 17 maisons et leurs annexes, principalement des fermes venues de toute la province. Les bâtiments sélectionnés furent démontés, transportés et remontés sur place, en restaurant les parties ayant souffert du temps ou de la négligence. Les années indiquées lors de la visite ne correspondent pas toujours aux années de construction, mais celles de leur interprétation historique.

Maison Martin, 1773

Jean-Baltazar Martin construisit cette maison sommaire en 1773 sur une terre qu’il occupait depuis 1768. Les Acadiens viennent à peine d’être autorisés à se réinstaller à conditions de respecter de nombreuses contraintes. Leurs moyens sont limités et cela se traduit par une maison en bois et terre battue à une seule pièce. C’est la maison la plus ancienne du village.

Pour illustrer la bonne harmonie entre les Acadiens et les Premières Nations, on y présente le procédé hérité des Amérindiens pour fabriquer un balai à partir d’une branche de bouleau.

Ferme Mazerolle, 1796

Après avoir été déporté à Boston, Joseph Mazerolle est revenu vers 1776 au Nouveau-Brunswick, après quelques années passées au Québec. Son fils construisit cette maison encore rustique en 1796. Des pierres des champs servent de base et seulement de petites fenêtres éclairent la pièce unique à l’intérieur. La maison est restée dans la même famille jusqu’à son transport au Village, plusieurs générations y vécurent et l’ont progressivement modifiée. Il a été choisi de la montrer dans son état de 1852.

Maison Blackhall, 1822

James Blackhall était un émigrant écossais arrivé au Canada en 1813. En 1822 il construit cette maison à Caraquet en s’inspirant des techniques de son pays, la partie adossée à la pente est en pierres, l’intérieur est divisé en plusieurs pièces avec chambre à l’étage. La structure géométrique en bois et le toit à double pente sont généralement qualifiées de type saltbox par les Anglo-Saxons. D’origine britannique, James et son fils cumulent de nombreuses charges publiques, ajoutant aux revenus tirés de leur terre qu’ils finissent par louer pour se consacrer à leurs fonctions d’autorité. Leur intérieur sera ainsi meublé avec plus de moyens que leurs voisins.

Chapelle Sainte-Anne du Bocage, 1831

La religion catholique constituait l’un des liens essentiels de la communauté acadienne. Le clergé essentiellement québécois à l’origine s’occupait également de l’éducation et donc de la transmission de la langue, souvent aussi du soin aux malades et aux ainés. Le sentiment catholique se renforça avec l’arrivée puis la domination des Anglais protestants sur leurs terres. Cette chapelle est une copie d’une construction réalisée par les habitants d’un village souhaitant la nomination d’un prêtre pour leur communauté. Il lui manque encore certains éléments comme un tabernacle ou un confessionnal.

Maison Léger, 1836

Il s’agit encore d’une modeste maison en bois, des poutres formant une ossature, les parois de planches sont recouvertes de bardeaux de cèdre. Elle est aménagée pour être habitée par plusieurs générations, les plus âgés disposant d’une petite pièce, distincte de la salle commune ordinaire.

Maison Doucet, 1840

Plusieurs générations de Doucet se sont succédées dans cette maison dont le confort s’améliore au fil du temps. Plusieurs pièces séparent les activités de la journée et le mobilier n’est plus seulement utilitaire mais devient décoratif. A côtés des activités agricoles et de la pêche, les Acadiens commencent à recréer un réseau d’artisans et d’ouvriers experts dans leur domaine, améliorant les conditions de vie de la population.

Ferme Robichaud, 1846

Les dimensions de la construction commencent à prendre de l’ampleur, utilisant une technique différente. De grosses poutres verticales reçoivent les planches des parois dans des rainures, le tout étant recouvert de bardeaux. La maison est restée dans la famille jusqu’à son transfert au Village, elle avait cependant perdu son rôle d’habitation pour être utilisée comme atelier et entrepôt. On y présente le travail de la laine, depuis la matière première jusqu’à sa teinture.

Parmi les dépendances se trouve un caveau à légumes. Il s’agissait d’une cavité creusée dans le sol, on y plaçait fruits et légumes dans le noir et à une température constante pour en profiter toute l’année, notamment pendant les mois d’hiver où aucune récolte n’intervenait. La pratique aurait été inspirée par les Amérindiens.

Maison Cyr, 1852

De nouveau cette maison a été transmise de génération en génération dans la même famille. Il est cependant amusant que la tradition familiale la fasse remonter à 1790 alors que les expertises la date plutôt de 1852. Probablement que plusieurs constructions se sont succédées sur la même terre, tout comme celle maintenant exposée n’était plus que la dépendance d’une habitation plus récente. Les nombreuses et larges fenêtres sont assez rares dans la région.

On y a reconstitué un atelier du tissage du lin. Ces productions décentralisées dans les familles apportaient des ressources supplémentaires, notamment monétaires, alors que la production agricole essentiellement vivrière laissait peu de surplus à vendre.

* Le Grand Dérangement des Acadiens en 1755

Il s’agit d’une période sombre de la colonisation du Canada par les Anglais.

Les Acadiens ont commencé à s’installer dans le nord-est du Canada dès le début du 17ème siècle. Ce sont pour la plupart des familles d’origine française qui viennent d’elle-même, sans organisation et sans soutien des autorités royales.

Ayant pris possession de cette région en 1713, les Anglais perçoivent la présence de leurs devanciers comme une menace et surtout ils convoitent leurs terres. Le gouverneur Lawrence, aidé de mercenaires bostoniens, décide de déporter toute la population acadienne en 1755. Les familles sont délibérément séparées et envoyées dans les colonies américaines ou en Europe. Leurs biens sont saisis, les maisons et les récoltent furent brûlées.

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