Ile de Pâques, au pays des moai

(continue in English) – Dernière mise à jour : 8 janvier 2023

Après avoir évoqué la part de mystère planant toujours sur l’île de Pâques, il est temps de faire le tour des moai, ces géants de pierre qui suscitent tant d’interrogations.

Lors des brutales mutations intervenues au 18ème siècle, tous les moai ont été renversés, c’est dans cette position que l’époque moderne les a trouvé. Certains sites ont été restaurés, mais pas tous. La plupart des sites se trouvent à proximité immédiate du rivage. Tous sauf un ont disposé les moai dos à la mer, la raison fait toujours l’objet de nombreuses hypothèses.

On a estimé à un peu moins de 900 le nombre de moai subsistants, beaucoup sont encore sur leur lieu de production à Rano Raraku, d’autres se sont morcelés et effrités, avec les mauvais traitements et les intempéries. Ces derniers n’intéresseront que les experts, les visiteurs retenant d’abord ceux qui se dressent sur des ahu restaurés, leur redonnant toute la majesté d’autrefois.

Tongariki

C’est l’alignement le plus spectaculaire, avec quinze moai de tailles diverses, le plus imposant pesant plus de 80 tonnes. Comme les autres moai de l’île, ceux-ci furent renversés. Pour aggraver la situation, en 1960, un tsunami dévasta le site, déplaçant les statues et dispersant ce qui restait de l’ahu. Une minutieuse reconstruction prit plusieurs dizaines d’années pour s’achever avec la remise en place des moai.

Dans les années 1990, Tadano, une société japonaise de grues fournit gracieusement un engin capable de soulever les moai, achevant le travail des archéologues ayant reconstitué l’ahu.

Les levers et couchers du soleil sont deux moments captivants à Tongariki, les moai faisant tantôt face ou dos à la lumière, leurs silhouettes habitant alors pleinement le paysage. C’est pour y assister librement qu’il est intéressant de disposer de son propre véhicule, le site se trouvant à l’opposé de Hanga Roa, l’endroit habité.

Pendant les fouilles plusieurs fragments de précédents moai ont été identifiés par les archéologues, ils servaient à constituer l’ahu de leurs successeurs. De même un moai isolé et visiblement inachevé se trouvait à une petite distance. Il présentait une fissure qui serait peut-être intervenue au cours de son acheminement, ou à la suite de sa chute, accidentelle ou non. Les questions restent plus nombreuses que les réponses, mais les incertitudes ne font qu’ajouter de l’intérêt.

Sur le vaste terre-plein précédent l’ahu, une importante communauté était établie. Les traces de maisons et d’activités furent identifiées lors des fouilles. On peut également voir plusieurs pétroglyphes dont les lignes ont subi l’épreuve du temps.

Ahu Nau Nau

Si Tongariki constitue le site le plus impressionnant, Nau Nau possède un charme supérieur grâce à son cadre plaisant, au bord d’Anakena, la plus belle des plages de l’île, encadré de palmiers.

Un groupe de sept moai a pu être relevé, dont quatre portant de nouveau leur pukao.

Dans le dos des moai, on peut encore distinguer des dessins pouvant avoir une signification symbolique, copiant peut-être les tatouages, tout autant symboliques, des personnages représentés.

Un peu à l’écart du groupe de sept, se tient un moai solitaire sur l’ahu Ature Huki. Son apparence est plus massive et moins détaillée que ses voisins de Nau Nau. Il remonte à une époque plus ancienne, il fut aussi le premier moai à être redressé à la période moderne, dès les années 1950.

Ahu Akivi

Par exception, le site se trouve à l’intérieur des terres, à environ 2.5 kilomètres du rivage. Autre exception, les moai font face à la mer. Aucune de ces deux particularités n’a reçu d’explication définitive. Les sept moai de cet ahu ont été relevés assez tôt, en 1960. Malgré leur position renversée, les archéologues ont réuni assez d’éléments pour avancer que les moai faisaient face au soleil couchant de l’équinoxe de printemps.

Tahai

Tahai est un ensemble de trois ahu se trouvant sur le rivage de Hanga Roa. En raison de sa proximité avec la plupart des hébergements, cela en fait un lieu très apprécié des visiteurs qui peuvent s’y rendre par eux-mêmes.

L’ahu Vai Uri compte cinq moai dressés, un sixième n’ayant pu être replacé. La plateforme donne directement sur une petite falaise au-dessus de l’eau.

L’ ahu Tahai ne possède qu’un seul moai, solitaire sur sa plateforme, légèrement en avant des autres moai du site. Sa pierre très érodée indique qu’il s’agit du plus ancien du groupe.

L’ahu Ko Te Riku dispose du moai offrant la représentation la plus complète des moai aux temps de leur splendeur. Non seulement un pukao a été posé sur la tête, mais en plus les yeux ont été reconstitués, selon la manière découverte lors des fouilles archéologiques. Du corail blanc était découpé pour s’ajuster avec l’orbite creusée dans le visage une fois le moai dressé sur son ahu.

Lorsqu’il fait beau au moment du coucher du soleil, il est courant de venir passer la fin de journée à Tahai. Une grande pelouse descend en pente douce vers le rivage, on peut y suivre le spectacle des derniers rayons perçant derrière les moai.

Le coucher de soleil derrière l’ahu Vai Uri

Le coucher de soleil derrière l’ahu Ko Te Riku

Ahu Hanga Te’e

Seuls les principaux sites de moai ont été restaurés. Beaucoup d’autres restent dans l’état où les a laissé le tumulte du 18ème siècle. Au mieux quelques mesures de protection ont été mises en place pour préserver les moai de l’enthousiasme des visiteurs.

L’ahu Hanga Te’e se trouve dans la baie de Vaihu, elle sert pour l’amarrage de quelques barques. Les terrains plats autour de la baie sont utilisés par la population actuelle pour passer une journée au bord de l’eau. Lors des fêtes, des courses de chevaux y sont organisées.

Huit moai sont couchés face contre terre, leur pukao ayant roulé un peu plus loin. Un grand cercle cérémoniel a été identifié et protégé du piétinement.

Orongo

Après la chute de la civilisation des moai, la population s’est tournée vers un nouveau système de valeurs organisé autour de l’homme-oiseau, le Make Make. Le centre de cette nouvelle croyance se situait à Orongo, sur l’étroite arrête au sommet du volcan Rano Kau, entre le cratère et la mer. De solides maisons en pierre y furent édifiées, recouvertes d’herbe pour l’étanchéité. Compte tenu de la hauteur, le vent souffle généralement fort et il fait froid.

Il semblerait que l’occupation du village n’était pas permanente, elle se limitait principalement aux cérémonies entourant le nouveau culte.

Autour des maisons les rochers sont couverts de pétroglyphes.

Orongo dispose d’un petit musée présentant le passé de l’île de Pâques, c’est une bonne introduction au reste du séjour, ou une consolidation de ce que l’on a déjà appris.

Pour visiter l’île de Pâques il existe de nombreuses agences et un grand nombre de guides, mais il est parfaitement possible de le faire par soi-même. Il faut seulement organiser son transport et se documenter à l’avance.

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6 commentaires

    • I really wish you can make your trip someday. To be honest, you don’t think about petroglyphs during the first days, the fascination of the moai is enough to keep you fully absorbed. Then you go back to the sites and discover them in more detail. Thank you for the comment.

      Aimé par 1 personne

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