Irlande

Irlande, voyage au pays du Tigre Celtique

(continue in English) – Dernière mise à jour: 14 décembre 2019

L’image la plus marquante qui me reste de l’Irlande, ce sont ces tours rondes s’élevant des monastères comme portées par un élan de foi vers le ciel. Certains voudront réduire l’Irlande à la pinte de bière, je mettrais en avant cette prouesse architecturale.

J’ai vécu un peu plus de neuf ans en Irlande, j’y ai parcouru des milliers de kilomètres, prenant des milliers de photos, passant de nombreuses heures à fouiller l’histoire des lieux et pourtant je ne connais qu’une part infime de cette île. Il y a une telle densité temporelle et géographique de l’histoire que pratiquement chaque champ possède un témoignage, le plus souvent en ruine, d’un passé composé de plusieurs strates. Chaque endroit a vécu plusieurs vies.

Jusqu’à la période de succès économique des années 1990, celles du Tigre Celtique, l’Irlande n’évolua que très lentement, accumulant ce que les générations laissaient, sans besoin de tout démolir pour reconstruire à la place. Au moment du grand bond en avant économique, la conscience de la valeur des choses anciennes était suffisamment établie pour les préserver des destructions, alors que tant d’autres pays sacrifièrent leur passé pour se payer un futur.

Si les moyens manquèrent parfois pour la restauration et la mise en valeur des monuments, ils restèrent en l’état. Il se dégage alors une grande authenticité de ce que le visiteur peut trouver, le connectant directement avec les siècles écoulés, comme un fabuleux voyage vers le passé. Pour ne rien gâcher, les paysages désolés de l’intérieur ou accidentés des côtes apportent un surcroit de beauté.

Pendant longtemps l’Irlande fut connue comme un pays d’émigration, contribuant largement à peupler le Nouveau Monde, en Amérique ou en Australie. Brutalement, avec des taux annuels de croissance du PIB de 6%, le pays d’émigrés fut envahi par les immigrés. Principalement venus d’Europe, du Royaume Uni et d’Europe Centrale bien souvent, pour une part de Chine et d’Inde aussi. Beaucoup de jeunes parmi eux, créant une atmosphère postuniversitaire joyeuse dans les entreprises internationales utilisant leurs compétences linguistiques.

Si beaucoup de ces jeunes immigrés repartirent après quelques années, notamment face aux difficultés suivant la crise de 2008, certains restèrent, engagés dans des couples mixtes avec des Irlandais ou d’autres nationaux pour qui l’anglais devint la langue commune. Cet apport humain de l’extérieur accéléra l’évolution de la société dont les comportements rejoignent aujourd’hui ceux des autres pays européens, pour l’essentiel.

Quelque chose n’a pas beaucoup changé, l’accent épouvantable des Irlandais. Il varie d’une province à l’autre au point qu’ils ne se comprennent pas entre eux. Si cet accent se lisse chez les jeunes exposés à l’anglais international, il reste très prononcé dans certaines catégories de la population, le pire étant le faubourien irlandais, Ballymun pouvant servir de référence.

 

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