Uruguay : Punta del Diablo

(continue in English) – Publié : 22 mai 2021

A près de 300 kilomètres, 185 miles, de Montevideo, Punta del Diablo se trouve tout au nord sur la côte atlantique de l’Uruguay, à une quarantaine de kilomètres, 25 miles, de la frontière avec le Brésil. C’est à peu près la dernière petite localité où s’arrêter, en mettant à part Chuy, la ville frontière. Comme souvent en Amérique du sud, la proximité des frontières a mauvaise réputation, toutes sortes de trafics y ont cours, à la fois pour jouer des différentiels de taxation, voire de la limitation de distribution de certains produits.

En arrivant de Punta del Este et ses immeubles de standing, Punta del Diablo offre une tout autre apparence, un peu déconcertante. Cela ressemble au premier regard à un mélange de port de pêche et de squat à moitié abandonné. Les bateaux sont tirés sur la plage, entourés de maisons auxquelles le terme local de cabanas semble plus approprié.

Il y a tout d’abord une longue plage de sable en arc de cercle qui vient buter contre un groupe de rochers. Ces rochers sont à l’origine de la résistance des terres face à la mer et donc de la formation de cette pointe.

Les règles de constructions sont assez strictes en ce qui concerne les hauteurs autorisées, en conséquence il n’y a pas d’immeubles ou de grands lotissements. Pendant longtemps ce ne furent seulement que des petits lots, construits de bric et de brocs, parfois à court de maintenance dans un environnement exigeant. Les coups de vents, l’humidité des bords de mer, la pluie ou le soleil puissant de l’été mettent vite les matériaux à l’épreuve.

La route littorale passe à environ deux kilomètres de Punta del Diablo. Une fois quitté cette route, les chaussées deviennent au mieux de la terre battue, le plus souvent du sable.

Les rues de terre sableuse sont bordées de boutiques sommaires. Cependant avec l’augmentation de la fréquentation de la station, le niveau des commerces, principalement les restaurants, tend à s’améliorer.

Officiellement il n’y a que quelques centaines d’habitants, alors que visiblement des milliers de résidents peuvent s’y installer, notamment pendant la belle saison, on parle alors de 25.000 personnes. Il ne s’agit plus de quelques cabanes au bord de mer.

Avec la politique très libérale de l’Uruguay en matière d’investissements, les voisins argentins et brésiliens fortunés se montrent intéressés. D’autant que leurs économies respectives passent régulièrement par des cycles moins favorables.

De nouvelles villas semblent vouloir pousser entre les dunes, en s’efforçant d’être au premier rang près du rivage.

Il y a de nombreuses résidences individuelles, construites dans des styles très variés, mais toujours de dimensions modestes. Même les hôtels se présentent comme des boutiques-hôtels de quelques chambres.

Malgré tout Punta del Diablo conserve cet aspect déluré où les soirées se passent autour d’un feu de bois sur la plage plutôt qu’au casino, où les chansons se chantent à la guitare plutôt que dans les boites de nuit. Un autre modèle.

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Articles sur l’Uruguay :

Palacio Salvo, Montevideo, UruguayPalacio Salvo, Montevideo, Uruguay

Montevideo : Top 10

Capitale d’un petit pays pris en tenaille entre deux géants, Montevideo se doit d’affirmer sa personnalité pour ne pas être considéré comme un faubourg de Buenos Aires. Fondée en 1724, la ville fut disputée entre Espagnols et Portugais, les Anglais occupant aussi la ville en 1807. Passé agité qui conduit à une ouverture d’esprit plus marquée en Uruguay que chez ses voisins.

Colonia, la ville coloniale

Colonia est la plus ancienne ville d’Uruguay, son port fortifié fut créé par les Portugais en 1680 pour concurrencer le Buenos Aires des Espagnols établit un siècle plus tôt sur l’autre rive du Rio de la Plata. Par la suite Colonia changea plusieurs fois de mains, Espagnols et Portugais reprenant successivement le dessus lors des nombreux affrontements entre les deux puissances. Colonia se trouva longtemps sur la frontière séparant les deux empires coloniaux, jusqu’à la formation de l’Uruguay.

Calle de los Suspiros, Colonia, Uruguay
Punta del Este, Uruguay

Punta del Este

C’est avant tout et surtout une station balnéaire. En pleine saison estivale il y a du monde partout et les places de stationnement sont difficiles à trouver. Dès la demi-saison cependant, la taille des buildings semble surdimensionnée pour le peu de personnes rencontrées dans les rues. En hiver, cela ressemble très vite à une ville fantôme. La ville compte pourtant officiellement autour de 10.000 habitants, mais ce sont les résidents temporaires et la fluctuation de leur nombre selon les saisons qui décident du rythme de la ville.

Punta del Diablo

En arrivant de Punta del Este et ses immeubles de standing, Punta del Diablo offre une tout autre apparence, un peu déconcertante. Cela ressemble au premier regard à un mélange de port de pêche et de squat à moitié abandonné. Les bateaux sont tirés sur la plage, entourés de maisons auxquelles le terme local de cabanas semble plus approprié.

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Forteresse Santa Teresa

La construction de la forteresse commença avec les Portugais en 1762 et fut par la suite achevée par les Espagnols après 1793. Pendant longtemps, la région occupée aujourd’hui par l’Uruguay fut d’abord le champ d’affrontement de l’Espagne et du Portugal, au point de rencontre de leurs empires sud-américains respectifs. Les dispositifs militaires y furent donc nombreux, changeant de mains en fonction des batailles ou des traités signés en Europe.

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4 commentaires

    • C’est vrai que c’est un peu cruel en ce moment de montrer des endroits où on ne peut aller, voyager de son fauteuil est aussi frustrant. Mais il y a d’autres priorités dans l’immédiat, ensuite l’envie de voyager pourra reprendre.

      Aimé par 1 personne

  1. Magnifique! Le contraste entre les différents niveaux de richesse est frappant, j’avais remarqué ça au Brésil également. L’endroit par contre semble vraiment super beau, et je trouve ça assez touchant qu’ils aient conservé un certain attachement aux choses simples (guitare vs boite de nuit par exemple). 😊

    Aimé par 1 personne

    • Je crois que tu as le mot juste lorsque tu parles de ‘choses simples’. Il n’y a pas la complication des villes construites comme des affaires commerciales. Là il y une sorte de laisser-aller naturel pour venir profiter du bord de mer.

      Aimé par 1 personne

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