Lamanai, cité maya

(continue in English) – Dernière mise à jour : 20 décembre 2022

Lamanai se trouve au nord du Belize près d’Orange Walk, dans le prolongement du Yucatan mexicain où se répandit la civilisation maya organisée autour de grandes cités. Lamanai fut l’une d’elles et bien que connaissant des hauts et des bas, son existence couvre 3.000 ans d’occupation humaine. Apparue dès la période préclassique, autour de 1500 av. J.-C., la cité a continué à fonctionner après l’arrivée des Espagnols et jusqu’en 1680, contrairement à la plupart des autres sites mayas. Cette exceptionnelle longévité pourrait s’expliquer par sa situation sur la rive de la New River, diminuant l’impact des sécheresses.

La rivière est habitée par une faune abondante qu’il est possible d’apercevoir lorsqu’on choisit de se rendre sur le site en bateau. Il y a notamment toujours ces crocodiles immergés dont Lamanai tire son nom.

Les travaux archéologiques n’ont commencé qu’en 1974 et ne concernent à ce jour que les monuments principaux, beaucoup de structures restent ensevelies sous la jungle. Les visiteurs sont relativement peu nombreux en comparaison avec des sites comme Tikal ou Chichen Itza, on peut donc visiter tranquillement sans devoir composer avec les interdits.

Temple des Masques

Bien que de dimension modeste, c’est probablement le temple le plus intéressant que l’on puisse voir à Lamanai. Deux visages géants au pied de la pyramide nous sont parvenus en bon état car ils furent recouverts par un agrandissement ultérieur de la structure. La partie centrale de cet ajout a d’ailleurs été laissée en place pour ne dégager que les deux visages latéraux.

La pratique était courante chez les Mayas, une ancienne construction servait de fondation à la suivante, plutôt que de la détruire, ils se contentaient de construire par-dessus, enfouissant et préservant ainsi la partie du décor qui n’était pas recyclée.

Les deux masques de plus de 4 mètres de haut datent du 4ème ou du 5ème siècle et représentent le visage d’un roi ou d’un dieu. Ils sont sculptés dans la pierre puis un enduit les recouvre dans lequel les traits sont affinés, accentuant le réalisme de la morphologie.

Temple du Jaguar

Ainsi nommé par les archéologues car on semble y distinguer le visage stylisé de jaguars à la base de la pyramide. Etant donné la révérence habituelle des Mayas envers cet animal, il n’est pas hors de propos de lui dédier un temple, même sans grand fondement historique.

Ses proportions agréables en font une bonne représentation de l’architecture maya. Une série de terrasses allant en se rétrécissant est précédée d’un escalier monumental. En regardant le temple depuis le côté, des courbes apparaissent rompant avec l’impression carrée initiale. La face arrière n’a pas encore était dégagée.

Sur l’esplanade précédant le temple on a retrouvé un de ces fameux calendriers mayas découpant le temps en périodes de plus en plus longues, l’une d’elles s’achevant le 21 décembre 2012. Ce fut l’objet d’interprétation erronée se transformant en prédiction de la fin du monde.

Ottawa

A partir de 1974, Lamanai a été progressivement dégagé de la végétation par des équipes d’archéologues canadiens. Venant à explorer ce qui pourrait être un palais royal, ou au moins la résidence de l’élite, ils lui donnèrent le nom de la capitale canadienne, Ottawa. Les habitations se tenaient sur des terrasses entourant un espace dégagé où pouvaient s’organiser cérémonies, spectacles et fêtes.

A proximité, un jeu de balle montre ses deux flancs parallèles caractéristiques. Ces terrains de sport se retrouvent dans toutes les cités mayas, mais curieusement il n’y a aucune uniformité des dimensions.

Temple de la stèle

Sur les sites archéologiques, les guides passent toujours beaucoup de temps à expliquer ce que l’on peut déchiffrer et interpréter depuis les stèles. Pour les visiteurs, la passion est moins voyante, tant ces pierres usées par le temps ne laissent deviner que des représentations ésotériques, assez peu spectaculaires.

La stèle 9 datée de 625 apr. J.-C. a beau représenter un roi en costume de cérémonie, cela n’est pas très parlant. Par contre, l’attention augmente lorsqu’on apprend que les cadavres de cinq jeunes enfants ont été retrouvés enterrés au pied de la stèle. L’horreur du sacrifice humain fait aussitôt frissonner ; il a fallu des temps bien difficiles pour organiser cette présentation macabre.

El Castillo

Le Grand Temple, ou El Castillo, est le monument le plus impressionnant du site. A plus de 30 mètres, son sommet dépasse la cime des arbres de la forêt tropicale environnante. On aperçoit aussi la New River qui forme un lac allongé à cet endroit. Afin de préserver son escalier monumental de façade, pratiquement vertical, on accède désormais au sommet par un escalier moderne dissimulé à l’arrière du monument.

Si par sa taille El Castillo émerge de la jungle, les autres monuments restent dissimulés par une végétation abondante. Non seulement elle apporte une ombre bienvenue aux visiteurs, mais elle sert aussi d’habitat à plusieurs espèces, singes ou oiseaux.

Spanish Church

Après la conquête espagnole, Lamanai a continué à être habité. Le temps de la splendeur était passé et la plupart des monuments ne recevaient plus d’entretien. Pour tenter d’évangéliser ces populations, dès le 16ème siècle une église fut construite sur les ruines d’un temple ancien. Les Mayas se rebellèrent et incendièrent l’église peu de temps après. Ces ruines se tiennent à l’entrée terrestre du site.

Accès à Lamanai

Orange Walk est la ville la plus proche de Lamanai à 35 kilomètres / 21 miles, avec toutes les options de logement et de restauration. Compte tenu des distances modestes au Belize et du bon état des routes principales, il est cependant possible de venir visiter Lamanai depuis d’autres endroits fréquentés par les voyageurs, les cayes ou San Ignacio. De nombreuses croisières font aussi escale à Belize City, où une excursion à Lamanai est généralement proposée.

Par la rivière : Lamanai se trouvant sur la rive de la New River, la plupart des visiteurs viennent en barque à moteur, elles partent du pont Tower Hill Bridge au sud d’Orange Walk. Cela permet généralement de voir des crocodiles au passage.

Par la route : il est aussi possible d’accéder à Lamanai en voiture en prenant les petites routes de terre traversant la campagne agricole autour d’Orange Walk, il n’y a pas de panneau directionnel.

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Lamanai, cité maya

Lamanai se trouve au nord du Belize près d’Orange Walk, dans le prolongement du Yucatan mexicain où se répandit la civilisation maya organisée autour de grandes cités. Lamanai fut l’une d’elles et bien que connaissant des hauts et des bas, son existence couvre 3.000 ans d’occupation humaine.

Temple du Jaguar, Lamanai, Belize
Caracol, Belize

Caracol, cité maya

Seulement redécouverte en 1937, la cité maya de Caracol reste isolée au fond d’une vaste forêt inhabitée du Belize. Le site a été occupé pendant plus de deux millénaires, souvent en rivalité avec Tikal situé à seulement 70 kilomètres, 45 miles, de là.

San Ignacio

San Ignacio est une petite ville tranquille au nord-ouest du Belize, installée sur les rives de la Macal River et légèrement en altitude, ce qui permet à la ville d’échapper aux fortes chaleurs de la côte. Elle compte environ 20.000 habitants et se trouve au centre d’une région en plein essor touristique.

San Ignacio, Belize
Boutique, Orange Walk, Belize

A la découverte d’Orange Walk

Orange Walk ne dira probablement rien à la plupart des voyageurs avant d’en découvrir le nom sur la carte du Belize, au nord du pays à proximité du Mexique. La ville n’offre rien de remarquable, mais c’est la porte d’entrée pour Lamanai l’une des grandes cités mayas du passé.

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2 commentaires

  1. Lamanai a l’air similaire que Tikal ou Chichen Itza (comme tu l’as dit), mais moins de tourists: du coup, j’imagine qu’on s’amuserait bien sans trop de gens! Très fascinant de voir le calendrier qui proposait la fin du monde en 2012…heureusement, le monde n’était pas terminé pour qu’on puisse visiter Lamanai haha!

    Aimé par 1 personne

    • Le jour de ma visite il y avait peut-être 20 personnes, la plupart du temps je me trouvais seul à chaque temple. Le calendrier n’annonçait pas la fin du monde, mais la fin d’une période longue, un peu comme le principe du changement de siècle. Merci pour le commentaire.

      Aimé par 1 personne

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