(continue in English) – Dernière mise à jour : 7 novembre 2025


Ingraham Trail part de Yellowknife mais ne va nulle part. Au bout de 70 kilomètres, 43 miles, la route arrive près d’un lac qu’elle ne franchit pas. Elle aura fait diversion, donnant l’impression qu’il est possible de quitter Yellowknife autrement que par la route d’arrivée, en vain.
Par la route, les Territoires du Nord-Ouest forment un immense cul de sac. Les Territoires sont reliés au Canada par une route en provenance de l’Alberta, devenant la Mackenzie Highway qui fait la jonction avec une route venue de Colombie Britannique par Fort Liard. Au-delà, chaque bifurcation conduit à une communauté sans possibilité de retour par un autre chemin. Il en est ainsi de la capitale Yellowknife, se trouvant au bout des 340 kilomètres, 210 miles, de la Yellowknife Highway.

La route
La route Ingraham Trail commence juste à l’extérieur de Yellowknife et serpente à travers un paysage parsemé de lacs, de forêts boréales et d’anciennes formations rocheuses du bouclier canadien.
La chaussée est constituée d’un mélange de surfaces asphaltées et de surfaces en gravier. Au départ de Yellowknife, la route est asphaltée, plus loin la route se transforme en gravier. Sur ces parties, les voyageurs doivent être préparés à la poussière et aux graviers qui peuvent se détacher, il convient de rouler moins vite sur ces tronçons.
Il arrive aussi que la route soit coupée à la circulation lorsque des incendies se répandent à proximité, cela peut durer plusieurs jours.





Construite pour les mines
Construite dans les années 1960, au cours d’une période d’exploration et d’exploitation des ressources, la route devait initialement relier une série d’exploitations minières et soutenir la prospection diamantaire en plein essor dans la région.
En effet, Yellowknife doit son existence aux mines, notamment aux mines d’or dans les années 1930. Avant que les mines ferment à la fin du siècle dernier, des centaines de tonnes d’or ont été extraites des sous-sols, mais l’exploitation a aussi produit des milliers de tonnes de poussières toxiques. Pour éviter que les poussières se répandent dans l’atmosphère, les terres infectées sont stockées dans des bâtiments aujourd’hui isolés hermétiquement. Une coûteuse décontamination est en cours.





Utilisée pour le loisir
Avec le développement du tourisme et l’attrait grandissant exercé par la nature brute du grand Nord canadien, la route change de vocation, devenant une porte ouverte vers l’aventure dans la nature sauvage canadienne. Plusieurs zones protégées ont été aménagées au bord des lacs, les locaux y possèdent des cottages, les visiteurs sont accueillis dans des centres de loisirs discrets.
En été, les activités les plus populaires sont les randonnées, la navigation de plaisance, la pêche et le camping, particulièrement dans les parages des lacs. En hiver, l’Ingraham Trail devient un lieu privilégié pour l’observation des aurores boréales, attirant des visiteurs du monde entier. L’absence de pollution lumineuse le long de la piste offre des conditions idéales pour observer ce phénomène naturel spectaculaire.






Fin de la route
En arrivant au lac Tibbitt, un simple panneau routier marque soudainement la fin du parcours. Initialement, la route devait aller plus loin, mais pour le moment ces projets d’extension ne sont plus d’actualité. En réalité la route va déjà au-delà, mais uniquement en hiver. Une route de glace s’étend chaque hiver sur environ 600 kilomètres, 370 miles, de Tibbitt à Contwoyto dans l’Arctique, elle est utilisée pour approvisionner de nouvelles mines de diamants éloignées et prometteuses.
Cela rappelle que dans le Nord, la vraie saison c’est l’hiver, l’été n’étant qu’un intermède qu’il faut bien endurer.


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Très intéressant!
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Merci, une partie du Canada.
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💙
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Thanks!
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Je n’ai pas entendu parler d’Ingraham Trail, mais quel joli! Il est une partie du Canada très bucolique et sauvage, et il vaut la peine pour faire une visite un jour. Merci du partage!
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Il faut se trouver sur place pour être intrigué par ce qui ressemble à une route au début avant d’arriver nulle part.
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An interesting read! Sounds like a great place for some solitude with nature in the summer. That would be cool to see the northern lights there and all the stars.
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There are few roads in this region, so the choice of how to get around is limited, and the Ingraham Trail is a great way to get away from Yellowknife in a wilder part of the country.
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Incroyable!!! Et j’ai bien aimé cette ironie entre la première ruée ecocriminelle et la seconde ecophile.
Intéressant aussi ce paradigme des saisons qui doit être déroutant pour des non-natifs. Merci pour le partage
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C’est joliment dit. Cette inversion de la valeur des saisons est encore plus évident au Nunavut.
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